Collection Erres Essais

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Présentation

Collection dirigée par Jean-François Chassay et Bertrand Gervais, aux éditions Le Quartanier

La collection Erres Essais propose des ouvrages sur la littérature et les arts. On y trouve des réflexions sur l’imaginaire et ses figures, ainsi que sur les nouvelles formes artistiques et littéraires. Erres Essais s’interroge sur le texte lui-même, sur ses conditions de production, de conservation et de transmission, ainsi que sur les relations qu’il entretient avec l’image, l’art et l’écran, de plus en plus prépondérant.

 

Titres parus dans la collection Erres Essais

COUVERTURE ERRE ESSAIS FARADJICOUVERTURE ERRE ESSAIS ARCHIBALDCOUVERTURE ERRE ESSAIS GERVAIS

 

Le texte et la technique : la lecture à l'heure des médias numériques — SAMUEL ARCHIBALD
Erres Essais, automne 2009, 312 p., ISBN 978-2-923400-55-6

Cet ouvrage a pour objet les nouvelles formes de textes apparues au cours des vingt-cinq dernières années, sous la pression concertée des nouvelles technologies médiatiques — livres hybrides, littérature hypertextuelle, fictions hypermédiatiques et interactives. Il s’attache à les comprendre, à les situer dans une histoire longue des pratiques de lecture et à développer des techniques permettant de les analyser.

La partie théorique de l’essai traite trois grandes problématiques réactualisées par la « révolution numérique » : la notion de textualité, la question de la matérialité des supports d’écriture, le rôle de la manipulation dans la lecture. En cours de route, les théories du texte, de la lecture et du récit sont mises à l’épreuve des nouvelles formes textuelles.

Cette réflexion se poursuit dans une seconde partie, où sont proposées des lectures d’œuvres nées des potentialités des technologies médiatiques : l’hypertexte de fiction pour Patchwork Girl, de Shelley Jackson ; le roman La maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski ; et la fiction hypermédiatique La disparition du général Proust, de Jean-Pierre Balpe.

Il s’agit au final d’en arriver à une définition du concept de texte par et pour le numérique, capable d’accompagner le passage des contenus textuels vers de nouveaux supports et d’interroger l’ensemble de nos pratiques culturelles.

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Réinventer le film noir : le cinéma des frères Coen et de Quentin TarantinoHELEN FARADJI
Erres Essais, automne 2009, 256 p., ISBN 978-2-923400-54-9

Marqués par l’imagination et le plaisir, les films des frères Coen et de Quentin Tarantino manifestent une nouvelle façon de faire du cinéma, originale et stylisée. Au-delà de leur impact, ils sont les représentants les plus cohérents d’une tendance importante traversant le cinéma des années 1990. Cette tendance, nommée ici post-maniériste, fait revivre le film noir avec dynamisme et singularité, dans des œuvres aussi diverses que Fargo, The Big Lebowski, Barton Fink, Miller’s Crossing, Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown et d’autres, à partir desquels est construit cet ouvrage.

Fondé sur l’hypothèse d’un maniérisme du film noir classique, cet essai montre comment les films des Coen et de Tarantino ont renouvelé ce genre primordial du cinéma moderne en y imprimant une sensibilité d’auteur. Hantés par une perfection cinématographique déjà atteinte — condition même du maniérisme —, ces cinéastes ont néanmoins opté pour une solution peu banale pour revivifier le film noir : la distanciation ludique, qui ne vise pas à épuiser les possibilités génériques du noir, mais permet au contraire un voyage à l’intérieur du genre, celui-ci devenant un espace de réflexion sur l’Amérique, le cinéma et l’art.

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L'imaginaire de la fin : temps, mots et signes — BERTRAND GERVAIS
Logiques de l'imaginaire, tome III
Erres Essais, automne 2009, 240 p., ISBN 978-2-923400-57-0

La fin du monde. Comment imaginer ce qui, par définition, résiste à toute perception? Car la fin n’est jamais qu’un fantasme. Elle est un événement dont on ne peut faire l’expérience puisqu’elle annihile celui qui l’anticipe. Imaginer la fin du monde semble être la façon la plus efficace de se venger à l’avance de sa propre mort et de refuser le scandale d’un réel qui échappe à tout contrôle et qui perdure, intact, au-delà de la fin.

Les formes que prend l’imaginaire de la fin sont étudiées dans cet essai à partir de trois principes. Il s’agit d’un imaginaire fondé sur le temps, son passage et ses apories. C’est aussi un imaginaire qui repose sur une crise promue au rang de loi ou de principe de cohérence. Et c’est enfin un imaginaire tourné vers l’interprétation et la recherche de sens, vers la lecture des signes d’un monde sur le point de s’effondrer.

Le temps, la loi et le sens. Ces trois principes guident une exploration de la littérature contemporaine. S’il s’ouvre sur une lecture de l’Apocalypse de Jean, abordé en tant que texte fondateur, l’essai porte avant tout sur les textes de Paul Auster, Gaétan Soucy, Normand Chaurette, Antoine Volodine, Will Self, Don DeLillo, Douglas Coupland et Serge Lamothe. Ces textes nous montrent que l’imaginaire de la fin n’a cessé de se transformer et que sa version contemporaine en impose une nouvelle définition.

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La ligne brisée : labyrinthe, oubli et violence — BERTRAND GERVAIS
Logiques de l'imaginaire, tome II
Erres Essais, printemps 2008, 216 p. , ISBN 978-2-923400-42-6

Imaginons un oubli qui ne soit pas un simple revers de la mémoire, mais une modalité de l’agir. Un oubli positif. Un oubli en acte, in præsentia. Peut-on habiter un tel oubli ? Peut-on le mettre en récit ? Si la mémoire est une ligne ininterrompue qui rattache le présent au passé, l’oubli est assurément une ligne brisée, et le tracé qu’il dessine est fait de segments disjoints, d’instants sans continuité, comme dans un labyrinthe.

La ligne brisée traite du labyrinthe en tant que théâtre de l’oubli. Le tracé du labyrinthe suscite, par la multiplication des choix qu’il requiert, la désorientation et la perte de repères. Mais l’oubli de soi n’y est pas qu’un effet superficiel, il en est un trait fondamental, ce que le mythe de Thésée nous enseigne. Au cœur de ce récit se déploie une scène d’une grande portée symbolique : le héros grec se rend dans le labyrinthe pour y tuer le Minotaure. Or, lorsqu’il en émerge victorieux – et les versions traditionnelles du mythe le confirment –, il ne se souvient de rien. Ce qui s’est produit dans le labyrinthe est l’objet d’un effacement radical. La mise à mort du monstre est d’une telle violence qu’elle provoque l’oubli.

La figure du labyrinthe permet ainsi de penser l’oubli et de représenter la désorientation et la violence qui lui sont indissociables. À partir d’un corpus littéraire et cinématographique contemporain (de Paul Auster à David Lynch), La ligne brisée montrera l’importance de cette figure, utilisée dans les œuvres de façon récurrente pour représenter la complexité de notre monde, et la conception du sujet qu’elle implique, aux antipodes du sujet œdipien au cœur même de notre modernité.

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Dérives de la fin — JEAN-FRANÇOIS CHASSAY
Erres Essais, hiver 2008, 224 p., ISBN 978-2-923400-41-9

Porté par un intérêt pour l’Histoire et le politique, le temps et la mémoire, les sciences et la mort, cet essai traite essentiellement de la fin, ou plus largement d’un imaginaire de la fin.

Si l’approche de l’an 2000 a provoqué une résurgence de cette « crise de la fin », où foisonnaient les scénarios apocalyptiques, chaque époque révèle ses craintes devant les transformations du monde. La société occidentale actuelle a ses propres hantises, qui traduisent une situation de tensions extrêmes, politiques, économiques et religieuses. S’énonçant sur un mode alarmiste ou au contraire étrangement euphorique, ces tensions sont peut-être bien les symptômes d’une obsession pour la fuite en avant. C’est cet univers qu’approfondit Dérives de la fin, à travers trois figures : la science, le corps, la ville.

Les catastrophes dont on rend science et scientifiques responsables, à tort ou à raison, signalent des problèmes d’éthique nombreux, exacerbés depuis deux décennies. Au-delà des traditionnels désastres appréhendés par les ouvrages de science-fiction, cette critique se manifeste dans la littérature et l’art, où la capacité d’autodestruction de l’humanité par la science apparaît de manière révélatrice. L’exhibition contemporaine du corps, avec ses scarifications, son narcissisme et sa tendance vers le « corps-objet », n’est d’ailleurs pas sans rapport avec le développement des sciences. Obsédant, puisque malade, morbide, métamorphosé ou hybride, le corps se présente comme la métaphore d’une mort qui s’impose dans l’annihilation du temps, y compris celui du récit. Quant à la ville, elle est depuis longtemps perçue comme l’espace par excellence de crises et de changements. De la chute du mur de Berlin à l’effondrement du World Trade Center, les manifestations d’un imaginaire de la catastrophe se multiplient dans des métropoles toujours en expansion. La ville devient plus que jamais l’espace des contradictions : expansion et transformation, violence et euphorie.

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Ruptures : genres de la nouvelles et du fantastique — ANDRÉ CARPENTIER
Erres Essais, print. 2007, 168 p., ISBN 978-2-923400-23-5

Les genres de la nouvelle et du fantastique partagent une esthétique de la rupture : rupture de continuité dans un cas, de raison dans l'autre. Le nouvellier et le fantastiqueur, chacun à sa manière hanté par la dispersion et le mystère des signes du monde, ont en commun de dénier toute prétention à une totalité rassurante, qui leur apparaît comme l'avatar du faux, et de privilégier la réfutation féconde de la rupture.

La pratique nouvellière est ici envisagée comme reprise infinie du bref et comme névrose de discontinuité ; le nouvellier s'y trouve en effet engagé dans un processus continûment interrompu et relancé, qui sera observé par référence à la rupture fragmentaire. Le fantastique, de son côté, à la source duquel figure moins la déraison que des ruptures de rationalité, trace la représentation d'un monde hétérogène, mi-partie réaliste et empreint d'étrangeté. Son énonciation, par disjonctions et hiatus, insinue des ruptures de logique et des perturbations de référents de réalité objective. C'est ainsi que le fantastique scandalise la raison. Ce motif de la rupture est examiné dans quelques corpus choisis, comme thème, mais surtout comme exigence de forme. Il est également considéré comme ferment d'une posture d'écrivain.

Le présent essai fusionne des pans d'une réflexion et d'une recherche qui, au long des années, ont évolué, chez André Carpentier, en parallèle de la production d'oeuvres nouvellières et fantastiques. Cela justifie que l'écriture y prenne ses coudées franches et alterne entre une certaine distance requise par la théorie et un « je » plus appropriatif, qui à l'occasion adopte le ton du témoignage. Un tel ouvrage postule donc qu'avec à peine de perspicacité, on extraira des généralités là où il y a cas d'espèce.

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Figures, lectures — BERTRAND GERVAIS
Erres Essais, hiver 2007, 248 p., ISBN 978-2-923400-22-8

Figures, lectures est le premier tome d’une série de trois essais sur les logiques de l’imaginaire. Le pluriel, incongru quand il est question de logique, vient signifier le caractère ouvert et multiforme des manifestations de l’imaginaire. Il ne s’agit pas de dire que l’imaginaire a une logique qui lui est propre, mais bien que ses modes de déploiement connaissent de multiples registres, aussi variés que les formes culturelles qui en expriment l’action.

Ce premier essai est entièrement consacré aux figures et à leurs modalités d’apparition. L’auteur s’intéresse moins à la description de figures ayant une grande pérennité et renommée qu’à ces situations précises où des figures émergent et s’imposent à l’esprit. Qu’est-ce qui caractérise la figure comme signe ? Dans quel contexte apparaît-elle ? Quelles relations s’engagent à son contact ?

À partir d’analyses de textes contemporains (américains, français et québécois) sont examinées les diverses étapes de cette apparition : ce qu’elle présuppose (la première partie : « préfigurer »), ce qu’elle engage (la deuxième : « figurer ») et ce qu’il advient des formes ainsi générées (la troisième : « défigurer »). Sera de la sorte tracé l’arc entier par lequel on se donne des figures.

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